
Indemniser les planteurs pour abolir l'esclavage?: entre économie, éthique et politique, une étude des débats parlementaires britanniques et français (1788-1848) dans une perspective comparée
Lefebvre Dalloz
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Caractéristiques
- Code EAN
- 9782247126033
Description
Si l'octroi de dédommagements aux planteurs apparaît aujourd'hui comme incongru - voire choquant - il s'agit d'un phénomène présent dans une majorité de processus abolitionnistes dans les Amériques. Cette constatation soulève nécessairement un certain nombre d'interrogations, qui constitue le sujet de cette thèse. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les demandes de réparations pour torts historiques se multiplient. Accordées dans leur grande majorité par des Etats, ces réparations peuvent être de trois sortes: " matérielle " (restitution d'oeuvres d'art, de squelettes d'ancêtres...), " symbolique " (excuses, enseignement scolaire, lieux et jour de commémoration...) et " financière " (montant pécuniaire). La " bonne volonté " des compensateurs s'explique par le fait que la " moralité ", la respectabilité d'un Etat ou d'une entreprise bénéficient d'une attention croissante de l'opinion. Ces demandes font écho à une pratique répandue au 19e siècle, et pourtant largement méconnue. Si l'octroi de réparations en faveur de ceux qui se présentent comme des victimes de la traite et de l'esclavage fait aujourd'hui débat, des indemnités sont bel et bien accordées suite aux abolitions dans le Nouveau Monde. Censées dédommager les victimes d'un préjudice subi, elles ne sont pas accordées aux esclaves, mais à leurs propriétaires, alors considérés comme la partie lésée. Si l'octroi de dédommagements aux planteurs apparaît aujourd'hui comme incongru - voire choquant - il s'agit d'un phénomène présent dans une majorité de processus abolitionnistes dans les Amériques. Cette constatation soulève nécessairement un certain nombre d'interrogations. Comment les contemporains justifient-ils l'octroi d'une indemnité aux planteurs? Quels sont les arguments en faveur ou en défaveur d'une mesure qui apparaît aujourd'hui si contestable? Pour quelles raisons certains gouvernements coloniaux d'Europe (France, Grande-Bretagne, Suède, Danemark, Pays-Bas, Espagne) ou nations souveraines d'Amérique (Haïti, Amérique latine, Etats-Unis, Brésil) imaginent-ils des formules d'indemnités et d'autres pas? Si ces questions se posent naturellement, elles n'ont que trop rarement retenu l'attention des spécialistes des abolitions de l'esclavage jusqu'à présent. L'étude globale du phénomène de l'indemnisation des propriétaires d'esclaves dans son intégralité et dans son hétérogénéité par l'examen de ses objectifs, de ses enjeux, ainsi que de son coût pour les Etats concernés, constitue par conséquent l'ambition de cette recherche.
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